Politiques publiques

 

Considérations sur les politiques publiques pour la structuration socio-spatiale des métropoles contemporaines.

Favela-Bairro

Limites du programme :
Manque de coordination entre secrétariats et autres organes publiques d’échelle fédérale et étatique ayant une responsabilité dans le domaine ; manque de compréhension dans la mise en oeuvre des actions.
Peu d’approfondissement de la question du logement, et aucune intégration aux politiques de sécurité publique ;
Peu d’ambition pour l’intégration des programmes de gestion de travail et de revenus ;
Peu de coordination des politiques de transport public ;
Peu d’intérêt pour l’amélioration habitationnelle.

Limites d’implantation du programme :
Assainissement basique et infrastructures : Il a été constaté qu’il ne suffit pas de faire les travaux, il est nécessaire de garantir fondamentalement la manutention et le fonctionnement permanent, ce qui exige une coordination inter-institutionnelle efficiente (municipalité : Secretaria Municipal de Urbanismo (SMU), RioUrbe, Rio-Àguas, Coordenação Geral de Projetos (CGP), CET-RIO, GWO-RIO, Comlurb ; état : CEDAE, Instituto Estadual do ambiente (INEA), Instituto Estadual do Patrimônio Cultural (INEPAC) et União (IPHAN).

Logement : N’a pas eu le poids et l’importance qu’il exige. Le pourcentage stipulé pour les nouveaux logements a été très bas, bien en deçà de ce qui aurait été nécessaire. Le programme n’a pas considéré la précarité de nombreux logements existants, qui demandent des améliorations habitationnelles.

Mobilité/ Accessibilité : Les communautés sont restées dans de nombreux cas à la merci du « crime organisé » qui contrôle l'accès à de nombreuses voies du fait de l’absence de représentants de l’ordre public.

Contrôle des édifications : Dans le contrat pour l’élaboration de projet était exigé l’élaboration de législations spécifiques, dont presque aucune n’a été appliqué.

Équipements publics : Ils ont été conçus à peine comme « services » et non comme des objets de prestige, avec d'honorables exceptions, de qualité architectoniques, urbanistiques et environnementales.

Culture : Peu d’intérêt a été donné à la question culturelle. Il n’y a pas eu de programme qui accorde l’attention nécessaire à la question.

Milieu : Peu d’attention programmatique à la question paysagistico-environnementale.
Participation communautaire : Elle a été réduite à la réalisation d’assemblées informatives : le problème a été l’absence d’une politique de participation communautaire.

Régularisations foncières : La question a été abordée de manière timide, et s’est contentée d’identifier les titularités des communautés intégrant le Programme.

POUSO (Posto de Orientação Urbanístico e Social): Équipement public très important, mais sans pouvoir réel ; peu d’efficacité.

Communication : Absence de politique de communication sociale avec le territoire des favelas, et avec la ville. Il est nécessaire d’étendre les informations aux quartiers et à la ville, afin que tous les citoyens puissent se sentir concernés par les politiques publiques d’articulation socio-spatiales.
Absence de formulation du design social et d’identité au lieu.

Travail social : Il s’est contenté d’actions ponctuelles, sans aucune perspective de changement significatif des conditions de vie actuelles des différents d’intervention.

Surveillance et entretien : Absence de surveillance et d’entretien suffisants des aménagements réalisés, ce qui est fondamental pour le succès des politiques publiques.

PAC I
 
Le PAC (Programa de Acceleração do Crescimento) a incorporé les avancées de Favela-Bairro, amplifiant sa portée.

Il est un bon exemple de programme d’action publique en complexes de favelas ambitieux, où la construction de nouvelles unités -à des échelles beaucoup plus importantes que lors de Favela-Bairro- et l’introduction d’équipements de prestige tels que la Biblioteca-parque, les écoles professionnalisantes, les UPAs et les UPPs, confèrerait une nouvelle signification au lieu, fonctionnant comme des articulations puissantes entre les favelas et leurs contextes.

Il a représenté une grande avancée, au travers d’une norme de la « Caixa Econômica Federal » , la résolution de la régularisation foncière à la libération des financements pour les interventions urbanistiques dans les favelas.

La question environnementale a également acquis une plus grande importance que lors de Favela-Bairro.

Il manque toujours l’articulation entre politique d’urbanisation de communautés, et une politique générale de sécurité publique.

La participation de la communauté aux décisions a besoin d’être amplifiée, car elle a été réduite aux représentations communautaires selon un fort sentiment de cooptation politique.

Il a manqué l’intégration au programme d’une politique publique bien structurée, d’amélioration habitationnelle.

Les actions pour la gestion du travail et du revenu ont été inexpressives.

 

NOUVEAU PROGRAMME

Favela-Bairro autant que le PAC ont permit des acquis (un « know how ») générant une expérience riche qui dorénavant pourra être utilisée lors de nouveaux programmes. Afin de garantir l’articulation de la ville et des sociétés divisées, le nouveau programme devra garantir des inter-relations consistantes entre les facteurs suivants :

 

  1. Politique Urbaine - l’incorporation de toutes les édifications, espaces publics et groupements d’unités habitationnels devront être faits selon une conception urbaine qui articule ville, urbanité et espace publique dans le même acte projectuel, visant l'ordonnance et l’intégration du territoire métropolitain ;
  2. Politique de Logement - les nouveaux secteurs\noyaux de logement devront être constitués offrant les conditions de localisations, d’accessibilité, de transport, services publiques et équipements sociaux adéquats ;
  3. Infrastructure et Système de Voirie - le point de départ  de chaque nouveau projet devra être la reformulation, l’extension, l’achèvement et la requalification tant du système viaire existant que des réseaux d’infrastructures – drainage, égouts, distribution d’eau, électricité, collecte et traitement des déchets ;
  4. Équipements Publics - ils devront être conçus et traités comme des services publics de haute qualité urbanistique et architectonique, comme des éléments pour étayer les lieux d’intervention ;
  5. Environnement - Les projets devront être conçus comme des opportunités de requalification et de récupération environnementale et paysagère ;
  6. Gestion de Travail et de Revenus - L’introduction d’équipements physiques (locaux pour la production et la vente de produits et de services) devra être accompagnée de stimulations à l’entreprenariat et à la coopération productive, incluant l’accès aux nouvelles technologies d’informations et de communications ;
  7. Culture et Loisir - Il faudra introduire des équipements tels que les bibliothèques publiques de prêt et les écoles professionnalisantes, en même temps que les centres d’art et de loisir spécialement conçus.
  8. Améliorations Habitationnelles - Elles devront être conçues comme une part fondamentale du programme et être étroitement reliées au projet d’urbanisation de chaque communauté, devant contenir le total des constructions ;
  9. Régularisation Foncière - Le défi est d’avancer dans les inter-relations et définitions de procédés impliquant des actions des trois sphères de pouvoir (judiciaire, législatif et exécutif) et des segments de la société civile qui permettent, en temps disponible : simplifier les procédés et réduire la quantité de documents nécessaires exigés pour la qualification du bénéficiaire, garantissant l'appui juridique permanent pour l’adéquation au « Estatuto » da cidade ;
  10. Participation Communautaire - Il faudra proposer des alternatives techniques et méthodologiques pour capter la volonté  collective au travers d’une « écoute qualifiée » ;
  11. Territoires et Appartenances - Il est fondamental qu’un des effets de l’implantation du programme Morar Carioca soit la restructuration du territoire métropolitain générant pour le citoyen un sentiment d’appartenance à une société structurée – physique et socialement.
  12. Travail Social – Il devra précéder l’implantation des travaux pas de la manière dont cela est fait aujourd’hui (durant voire après la réalisation des travaux), qui est complètement anachronique ; il faudra ainsi rechercher et encourager de nouvelles manières de capter et inclure la participation des communautés à ce procédé ;
  13. Communication – Une attention spéciale devra être donnée aux campagnes publiques d’information et de communication, cherchant la sensibilisation tant des habitants des favelas que des autres, favorisant ainsi son approche et son appui du programme.
  14. Sécurité du Citoyen – Les UPP sociales vertes et culturelles pourront être une bonne voie pour changer les conditions de vie des favelas, faisant en sorte que les communautés jouissent des mêmes conditions de sécurité que le reste de la ville ; articulées avec l’urbanisation des communautés et avec la gestion du travail et du revenu, l’éducation et la formation professionnelle, ainsi qu’une politique de réinsertion sociale.

Les projets développés de manière étendue et innovatrice, garantissant une transversalité structurelle, devront être abordés conjointement aux aspects urbanistiques, architecturaux, environnementaux, économiques, sanitaires, infrastructuraux, des services et équipements, éducationnels, culturels, de sécurité et d’espaces publics de qualité, afin d’offrir un « bon vivre » à tous les citoyens.

Jorge Mario Jáuregui
Traduit par Héloïse Blanzat